Bilan du 6ème Chant Devant Festival
Le 6eme Chant Devant Festival s'est achevé et les organisateurs, en avant première du bilan de l'année 2009 ont, au cours de deux réunions, examiné le déroulement et le vécu de ce festival. Ils en ont aussi tiré des enseignements pour la prochaine édition.
C’est à un bilan sans concessions que se sont livrés les responsables de CLAP lors de leur dernière réunion du 10 novembre.
Mais avant d’évoquer les sujets sensibles, il faut aussi rappeler les aspects positifs du festival.
Le succès festif de la première soirée portée par le groupe occitan Lou Caps Negues et Marcel et son orchestre, futun grand moment de convivialité et de rencontre. Bensé et Berry le vendredi, lors d’une soirée plus intimiste et posée, ont enchanté un public plus sage. Guillo et Emily Loiseau, le samedi ont rempli la salle.
Satisfaction aussi avec les bénévoles, dont un nombre significatif de nouveaux engagés dans l'associatif culturel, et qui ont promis de revenir partager ces moments.
Guillaume Blaise
Le Président, Georges Mieyeville, les a particulièrement remerciés, ainsi d’ailleurs que toute l’équipe des divers services techniques de la Mairie, qui ont mis leurs compétences et leur énergie totalement au service de la réussite de ce festival.
Satisfaction de la qualité des bistrots gratuits proposés à côté de la salle et du public de passage qui est venu vivre des soirées musicales en profitant des offres des marchands ambulants réunis pour la circonstance. Avec cependant des réserves sur la qualité de l’écoute dans ces conditions, sans doute à revoir.
Mais la première impression sur les finances se confirme: le résultat est nettement moins favorable que les précédents. Pour expliquer ceci plusieurs éléments:
- une baisse de la fréquentation d'un quart par comparaison avec l'an passé,
- le maintien des tarifs des deux dernières années,
- une inflation mal maîtrisée (?) des frais de communication, liée en partie aux difficultés de la presse écrite plus rétive à des prestations gratuites cette année, à l'augmentation forte des tarifs proposés,
- un dérapage des frais techniques des spectacles, avec des exigences de dernière minute de spectacles mal rodés lors de la souscription des contrats et qui ont connu des ajustements parfois importants.
Il y a déjà des réponses qui éclairent ces constats:
- une manière différente de présenter et de comptabiliser la billetterie,
- le nouvel équipement technique de la salle devrait faire diminuer fortement les dérapages techniques,
- les conditions économiques n'étaient pas favorables aux festivals cet été.
Des pistes sont évoquées pour l'avenir :
- repenser le principe du bistrot gratuit, dans son fonctionnement temps de concert musical dans son lieu, dans son organisation matérielle.
- Revenir à la présence d'une vedette d'envergure pour la soirée du samedi au cours du festival, garder les découvertes et les jeunes espoirs les autres soirs,
Des constantes demeurent, intangibles :
- un festival qui s'adresse aux cubzaguais en priorité,
- des tarifs accessibles au plus grand nombre grâce au soutien des institutions, locales et régionales.
Festival Chant Devant n°6
Les 24-25-26 septembre, le festival « Chant Devant » aura lieu place du champ de Foire.
A cette occasion, S2A a rencontré son président, Georges Mieyeville.
S2A:
Chant Devant Festival est devenu une institution, c'est la 6e édition. un festival entièrement dédié à la chanson française, qu'est-ce que cela représente pour
vous?
GM: La chanson française est foisonnante, conviviale, elle réunit toutes les
générations, les milieux sociaux, c'est la vie résumée en peu de mots et de notes, c'est un "bouillon de culture" au sens premier du terme, chacun y trouve des satisfactions qui permettent de
partager et de dialoguer au-delà des différences.
Il s'agit d'un engagement fort. Nous sommes tenus à maintenir une exigence de qualité que nous devons à nos soutiens institutionnels, à nos partenaires privés et au public qui nous suit fidèlement et
qui parle en bien de notre Festival.
Berry
Le Festival Chant Devant c'est aussi le Bistrot, gratuit, et qui permet à des groupes ou artistes régionaux de venir se produire avant le spectacle vedette et après, c'est un tremplin qui permet à
tout un chacun de venir participer sans se ruiner à ce début de saison culturelle à Saint André de Cubzac.
S2A : Après Cabrel, Kali, Clarica, Da
Silva, Sanseverino, Magyd Cherfi, Higelin, et beaucoup d'autres, cette année, vous avez des choix très éclatés semble-t-il.
GM: Si vous faites allusion au concert d'ouverture du jeudi avec "Lou Caps Negues" suivi de
"Marcel et son Orchestre", ce sont deux groupes effectivement qui paraissent aux antipodes. Pourtant quelque chose les rapproche: la musique qui puise ses racines dans les différences. Un groupe
occitan et un groupe marqué festif d'une région qui vient de connaître une gloire estompée depuis quelques années par des préjugés irrationnels. Une joie de vivre commune, une envie de partager et de
dynamiter la morosité ambiante, voilà un bon début.
Emily Loizeau
S2A:
Oui, mais les têtes d'affiche des soirs suivants sont aussi paradoxales: deux chanteuses, c'est la première fois que le Festival Chant Devant prend ce
risque.
GM: C'est vous qui parlez de risque, pourquoi se focaliser sur deux vedettes masculines?
Qu'est-ce que les femmes auraient de rédhibitoire pour un festival?
Nous avons choisi deux chanteuses: Berry et Emily Loizeau, reconnues et réputées dans la chanson française, récompensées par leurs pairs unanimement ces dernières années et surtout aux dernières
remises de prix de la profession, en quoi un tel choix serait-il condamnable ? Elles parlent le langage de la musique, le portent haut partout en Europe, sont courtisées par les maisons de
disque.
Marcel et son orchestre
S2A: La billetterie propose les mêmes prix que l'année passée. Là, je vais
provoquer un peu : c'est parce que vous avez baissé la qualité des artistes ?
GM: Oui, c'est une provocation que je ne suivrai pas. Il s'agit, bien sûr, d'un choix à
plusieurs niveaux:
* d'abord, dans le contexte actuel, il est indécent de penser à demander à un public qui se débat dans un quotidien difficile de devoir arbitrer dans son
budget, c'est donc une décision politique.
* ensuite, c'est le résultat d'une gestion rigoureuse qui a fait des choix économiques encore plus exigeants que les années passées et qui commence à en
retirer quelques fruits issus de l'expérience accumulée.
Pour finir, c'est la poursuite de la volonté de la culture pour tous, une décision que nos partenaires suivent, et qui permet de proposer ce choix à un public qui ne s'y trompe pas.
S2A : 3 jours de festival, avec des spectacles en salle et au bistrot, cela nécessite beaucoup d’organisation, beaucoup de bras…Sur qui vous appuyez-vous ?
GM : C'est le propre des festivals fédérateurs de générer de la convivialité et des dévouements nombreux. Ici, nous prenons en compte les avis parfois sans concessions de nos bénévoles qui nous aident à progresser chaque année dans notre organisation à tous points de vue. Rien n'est jamais parfait, mais grâce à eux et au public qui sait nous dire ce qui lui a plu et ce qui lui semble perfectible, nous améliorons nos prestations.
Nous pouvons dire que depuis l'origine les bénévoles de Saint André et parfois de plus loin, (cette année une jeune fille qui est partie sur Paris depuis deux ans nous a demandé de la compter encore comme bénévole!) sont fidèles à ce festival qu'ils considèrent avec fierté un peu comme le leur; et ils ont raison, rien n'existerait sans eux. Il est regrettable que parfois des spectateurs n'aient pas la reconnaissance de qui ils sont, de ce qu'ils réalisent bénévolement en sus de leur journée de travail à laquelle ils retournent après avoir fait place nette pour le spectacle du lendemain jusque tard dans la nuit. C'est grâce à eux et leur travail que nous pouvons maintenir de tels tarifs pour ce festival.
Au bistrot - Concerts gratuits
Monsieur Lacampagne
Jeudi 24 septembre 2009
à 19h00 : Lilith -chanson swing-,
groupe programmé par l'association Permis de Jouer
Vendredi 25 septembre 2009
à 19h00 : Monsieur Lacampagne
à 23h30 : Olivier Gallis
Olivier Gallis
Samedi 26 septembre
sur la place : à 11h00 et 23h30 : les Oiseaux de Passage
-chanson de rue-
à 18h30 : Le grand orchestre -chanson fantaisiste-
à 19h30 : Julie et le vélo qui pleure
-chanson acoustique mélandrolique-
Salle du champ de foire : Jeudi 24 septembre à 21h00
1ère partie...... Lous Caps Negues
Aprés un voyage en Irlande, une bande d'anciens rugbymen a ressorti guitares, accordéon, fifre, percu et poubel-bass dans l'idée de fêter la St Patrick. Raconter le rugby, les filles, le boeuf (de Bazas bien sûr), la palombe, la gastronomie,la fête, voilà ce que les Caps Nègues ont fait. Ce groupe "d'adolescents quinquagénaires" pesant plus de 1,2 tonne sur scène s'est payé le luxe de faire la première partie des "hurlements de léo" et de "nadau" en 2006. Composition : Robert, Fred, Hans, Pake, Pépette, Doudou, Pat, Gibo, Eric de Tut, Schultz, Xomin + 3 pros Steph, Charly et Arno + 3 régisseurs Tine, Fayo et Yannick
Marcel et son orchestre
Agitateur et mauvais esprit, voilà 20 ans qu'il fait la différence. Remède contre la morosité, Marcel est un exutoire, pas un antalgique. Il ne fait pas l'autruche. S'il lui arrive de se cacher sous la couette, c'est en agréable compagnie. Marcel appuie là où ça fait mal, et exorcise ses peurs, en leur riant à la gueule. Marcel n'a pas besoin de se faire maniaco-dépressif pour donner de l'épaisseur et de la profondeur à ses propos. Si la joie de vivre est trop souvent considérée comme ordinaire, elle est pour Marcel le meilleur pied de nez à tous les castrateurs. Devenez tendance. Prenez cinq ans d'avance sur votre époque. Osez Marcel et son Orchestre !!!
Salle du champ de foire : Vendredi 25 septembre à 21h00
1ère partie ....... Bensé
Bensé a découvert la musique enfant, encouragé par une famille de musiciens amateurs. Entre un père féru de guitare manouche, un grand-père accordéoniste et un oncle guitariste lui aussi, Bensé n’a pas tardé à attraper le virus. Il se mettra sérieusement à la guitare parvenu à l’adolescence, “afin de plaire aux filles.”
Bensé est originaire de Nice. C’est dans les bars de la ville, il y a dix ans, qu’il a fait ses premières scènes, d’abord en chantant des reprises (un répertoire d’un bon millier de titres, entre rock, blues, folk, standards New Orleans, et chanson française), puis en interprétant ses propres chansons.
Un des jeunes fers de lance de la chanson française, à ne pas rater !
Berry
Berry
Affichant une singularité évidente et un art consommé pour jongler avec les mots, les double-sens, les sentiments, elle dessine au fil de « Mademoiselle », un univers
très personnel , où le noir côtoie le pastel, où la légèreté transcende la mélancolie. Une alchimie surprenante qui combine mille et une pudeurs, mille et une contradictions : intemporelle et
terriblement moderne, gourmande et pudique, sombre et jubilatoire. Tout ceci grâce à la pop subtile et élégante de Manou et à une habile combinaison de rimes croisées et obliques qui convergent
toutes invariablement du côté du cœur.
Car « Mademoiselle » ne parle que d’amour, qu’il soit filial, charnel tyrannique, malheureux. Une carte du tendre, revisitée à sa manière, avec ses petits et grands tourments, mais dont la beauté
nous transporte et pourrait bien nous rendre meilleurs. Mais, comme Berry le confesse avec une belle simplicité : "tout cela n’est pas si grave !"
Salle du champ de foire : Samedi 26 septembre à 21h00
1ère partie .......Guillo
Chansons pop-rock à tendance humaniste, une musique simple, singulière, des guitares bien présentes, un duo au chant…
Sur scène, Guillo capte rapidement l'attention, on voit l'homme et on ne tarde pas à aimer l'artiste, auteur de talent à la plume sensible, doué pour la phrase et le sens. La voix touche, l'univers s'installe... Du charisme à revendre, une présence scénique et des chansons réalistes pour une voix captivante. Simplement accompagné d'une guitare, Guillo ne laisse jamais indifférent.
Un artiste à découvrir d'urgence.
Emily Loizeau
Avec Pays sauvage, elle arpente toujours les contrées visitées par Lewis Carroll, Bob Dylan ou Tom Waits, dont elle dit s'inspirer, mais semble plus apaisée. « Sur L'Autre Bout du monde planait la mort de mon père, souligne Emily Loizeau. Aujourd'hui, le deuil est fait. J'ai envie de vie. » Et cela s'entend dans sa musique et dans ses mots, qui tirent leur force des voyages imaginaires ou réels qu'entreprend la jeune femme. « J'aime les contes, j'aime leur poésie, leur façon de parler de choses intimes à travers le voile des histoires, explique-t-elle. Parler de soi dans une chanson est très étrange. On s'y livre et on s'y cache en même temps. » C'est lancé franchement, d'un ton assuré et un peu câlin. Le succès frappe à la porte...
