« Bien vieillir ensemble »
Soirée-débat : jeudi 8 avril 2010 salle du Mascaret
Si l'allongement de la vie a constitué le plus grand progrès du 20ème siècle, c'est un défi politique majeur du 21ème siècle.
En effet, bientôt un tiers de la population pourra être considéré comme âgée. Quels moyens doit-on mettre en place pour que ces personnes vieillissent bien dans leur maison, leur quartier, leur
ville, et le plus longtemps possible ?
Pour vivre longtemps en ayant une bonne qualité de vie, deux types de facteurs entrent en jeu :
*des facteurs individuels : rester actif, avoir des relations sociales équilibrées, pouvoir prendre en compte ses désirs, prendre plaisir à la vie, prévenir et gérer ses
problèmes de santé.
*des facteurs sociaux : la société peut aussi nous aider à garder notre autonomie le plus longtemps possible, et ce, de plusieurs façons :
- en faisant en sorte que les revenus des Personnes Agées soient décents, tout d'abord !
-en développant des politiques solidaires en faveur des plus fragiles.
-en agissant sur l'urbanisme, l'habitat.
-en soutenant des initiatives intergénérationnelles innovantes.
-en favorisant la participation des personnes âgées dans la vie citoyenne.
-en changeant peu à peu les représentations...
« Bien vieillir ensemble », c'est ainsi que ceux qui ont préparé ce débat ont souhaité l'intituler. Car ce sont les citoyens, avec les politiques bien sûr, et les associations,
qui pourront, ensemble, parvenir à cet objectif.
Dans notre commune, on se soucie de ce « bien vieillir ensemble ». L'association d'Aide à domicile, qui existe depuis 35 ans permet de rester plus longtemps chez soi. La Maison de retraite va
être reconstruite et agrandie. Des initiatives associatives ou municipales permettent de maintenir le lien social au travers de manifestations exceptionnelles ou d'activités régulières. Mais cela
suffit-il ? N'y a-t-il pas d'autres pistes à explorer pour améliorer la vie des personnes âgées ?
Pour en débattre avec vous, l'association « Saint-André Avance » a souhaité inviter :
*MICHELE DELAUNAY, députée, vice-présidente du groupe parlementaire SRC à la politique de l'âge. A ce poste, elle a pour responsabilité de sensibiliser les élus,
de leur proposer un choix d'actions et de travailler à des projets de loi susceptibles d'améliorer la vie des âgés et de ceux qui les entourent. C'est la « défenseure des âgés », comme elle se
définit elle-même.
*EMMANUELLE AJON, responsable d'agence HLM, conseillère municipale de Bordeaux.
*CESAR COLAVOLPE, médecin généraliste et médecin référent de la maison de retraite (EHPAD) La Tour Dupin.
Compte-rendu réunion rivière du mercredi 18 novembre 2009
Malgré quelques perturbations- grippe foudroyante de Fabienne Baron, foot à la télé- notre débat s’est bien déroulé. Alain Cotten, Président du Conservatoire de l’Estuaire, seul intervenant donc, a su passionner l’auditoire ! Un public très concerné : habitants de Plagne ou des bords de rivière, personnes ayant ou souhaitant exercer des activités nautiques ou commerciales, élus de la commune.
Et, si personne n’était vraiment en capacité de répondre à la question posée, tout le monde a pu exprimer ses idées, ce qui était bien le but de la soirée.
Pour les absents donc, et néanmoins intéressés, voici un compte-rendu de cette soirée.
Sur la Dordogne ou sur l'Estuaire ?
« Estuaire de la Gironde & Dordogne maritime », ainsi s’intitulait l’exposé d’Alain Cotten. Difficile de résumer cette intervention extrêmement intéressante ! Mais vous pourrez en lire les grandes lignes en cliquant au dessous de ce compte-rendu.
Dès la présentation géographique de la Dordogne, la complexité de notre situation est apparue : notre commune est-elle au bord de la rivière ou sur l’Estuaire ?
Si un estuaire, par définition, correspond à la partie d’un fleuve où pénètre la marée dynamique ainsi que la marée de salinité, ces deux composantes se retrouvent à Saint-André : on peut dire que nous sommes sur l’estuaire fluvial ou la Dordogne maritime.
Cette ambiguïté se retrouve aussi dans notre appartenance aux différents organismes qui animent ces zones. Ainsi, Saint-André fait partie d’EPIDOR, établissement Public du bassin de la Dordogne, mais est aussi inclus dans le périmètre LEADER Estuaire de la Gironde, ainsi que celui du SAGE estuaire de la Gironde et du SMIDDEST
L’eau, voie économique ou frontière ?
Jusqu’aux années 1950, la navigation sur la Dordogne a contribué à la vie économique des zones traversées.
Courpets, petits ou grands couraux, gabares, tous ces bateaux aux noms spécifiques selon les tronçons transportaient des marchandises du Massif Central jusqu’à l’Atlantique.
Mais cette rivière constitue aussi une frontière, car il y a peu de passages d’eau, et actuellement la navigation transversale est quasi inexistante.
Migrateurs sans frontière
La plupart des poissons qui vivent une partie de leur cycle biologique en mer et le reste en eau douce ne connaissent pas, eux non plus, la frontière estuaire-rivière : 8 espèces sur les 11 connues dans l’estuaire se retrouvent aussi dans la Dordogne !
En conclusion, il apparaît donc que tout les éléments- topographie, mascaret, navigation, faune- convergent : notre commune est sur l’estuaire fluvial, ou la Dordogne Maritime.
Alain Cotten n’a pas de réponse à la question posée : « Une rivière, pour quoi faire ? ». Mais ses propos nous ont bien fait comprendre que nous disposons d’un patrimoine unique, que nous devons sans doute nous réapproprier, en le respectant et en respectant les riverains.
Quelques exemples de réappropriation de bords de rivière
C’était bien sûr, Fabienne Baron, Présidente du Comité départemental du tourisme, qui devait nous les présenter ! Palliant à sa défection imprévisible, Hélène Richet, membre de notre groupe de travail pour l’organisation de ce débat, a d’abord évoqué le développement du tourisme fluvial.
Il est dû, d’une part à l’attrait que constitue ce domaine naturel, et d’autre part, aux possibilités de financements (programmes d’aides européens LEADER.
Elle a présenté ensuite quelques exemples d’aménagements de bords de rivière.
COUTHURES/Garonne a ainsi réaménagé son port et l’a animé avec une scénovision « Gens de Garonne » réalisée avec la participation d’une grande partie de la population, ce qui constitue un atout pour la pérennisation de cette activité qui draine des touristes.
Le port de MORTAGNE/Gironde constitue un magnifique exemple de rénovation de port.
Plus récemment, le Port des Callonges a été inauguré : ce projet, issu de la volonté des élus des communes de Saint-Ciers et Braud et Saint-Louis, a mis tout de même près de 20 ans pour arriver à son aboutissement, ce qui montre la difficulté de telles réalisations ainsi que la ténacité nécessaire !
Les nombreux participants ne manquent pas de questions ou d'expériences à partager.
Un ancien évoque le passé et s’inquiète de l’entretien du port, coûteux mais indispensable, qui ne consiste pas qu’en un simple fleurissement ! L'aspect parking du port de Plagne a été critiqué, même si certains souhaiteraient une aire de stationnement pour les camping-cars... La réappropriation des berges, avec un cheminement possible d’un port à l’autre, est longuement discutée, et fait l’unanimité !
Le nombre d’organismes qui s’intéressent à cette zone- VNF, SMIDDEST, EPIDOR, SAGE, le Conseil Portuaire etc…- semble poser problème pour une gestion et une vision d’ensemble cohérente.
La « santé » de notre estuaire, certes considéré comme le moins pollué, en inquiète plus d’un.
Les expériences déjà réalisées sur l’Estuaire, comme à Pâtiras, amènent certains à conclure que les futurs aménagements ne doivent pas être uniquement commerciaux, mais réalisés pour les habitants.
La parole est donnée à Mr le Maire, Laurent Ricci, qui, s’il n’est pas là pour répondre à toutes les questions posées, apporte néanmoins quelques précisions.
Il rappelle la mise en œuvre récente du Conseil Portuaire qui s’est réuni il y a peu avec tous les intervenants-utilisateurs (mairie, associations…) du Port de Plagne. Il évoque également le programme LEADER qui finance au niveau européen le développement des territoires ruraux et soutient les porteurs de projet aussi bien publics (communes, communautés de communes…) que privés (agriculteurs, associations, …). Ces projets doivent évidemment contribuer à la mise en valeur de sites privilégiés (comme un port ou un bord de rivière) et au développement touristique. C’est ainsi qu’un dossier d’aménagement du Port a été monté dans le cadre de la Communauté de Communes. La valorisation des bords de rivières et des ports est en route, et la commune de St André de Cubzac l’a anticipée dans le PLU, en prévoyant des liaisons douces entre le port et la ville.
Les conversations ont longuement continué autour de gâteaux apportés par des membres de S2A, et d’un verre de l’amitié, selon la formule consacrée.
On peut conclure de ces échanges- souvent passionnés- que rien ne se fera sans les citoyens directement concernés, à savoir les riverains en premier lieu !
exposé Cotten 18 11 09.pdf
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Soirée débat du mercredi 18 novembre 2009, 20h30, salle du Mascaret
Notre association, Saint-André Avance, s'intéresse aux projets de développement de notre commune. Les bords de rivière font partie de notre patrimoine, mais, pour l'instant, ils sont encore peu exploités. Lors de la rencontre citoyenne de Plagne, que nous vous avons relatée ici, nous avons senti l'intérêt - ou les craintes- de la population pour ce sujet. Selon notre habitude maintenant, nous avons donc convié 2 experts qui nous apporteront leurs témoignages et réflexions sur ce sujet, et pourront répondre à vos questions :
Alain Cotten, président du Conservatoire de l'Estuaire de la Gironde. Spécialiste de l'histoire humaine et économique liée à l'estuaire et défenseur du patrimoine fluvial.
Fabienne Baron : directrice adjointe du Comité Départemental du Tourisme. Spécialiste du tourisme fluvial.
Pour mieux vous faire comprendre dans quel état d'esprit nous souhaitons aborder ce débat, voici un résumé des réflexions de notre groupe de travail.
Une rivière pour quoi faire ?
Saint-André de Cubzac est bordée par la rivière Dordogne.
La Dordogne, à cet endroit là, constitue la partie fluviale de l'Estuaire de la Gironde.
L'Estuaire a un riche passé maritime. Du 12ème au début du 20ème siècle, les échanges commerciaux entre Bordeaux et le continent américain empruntaient l'estuaire de la Gironde.
Le port de Plagne a été un « avant-port » de Bordeaux très important : commerce du bois, du vin, des céréales...
Aujourd'hui le trafic commercial fluvial a quasiment disparu, et toute la vie sociale des ports s'en est trouvé diminuée.
Le domaine fluvial est aujourd'hui investi par l'économie touristique.
Le tourisme et les loisirs sont-ils une nouvelle façon de se réapproprier la rivière et de refaire vivre les cités portuaires ?
Voie navigable et porte d'entrée sur Bordeaux, l'estuaire est aussi un éco-système, un milieu dont les richesses biologiques sont à préserver.
En quoi l'exploitation humaine peut-elle être un espoir ou une menace pour l'avenir de cet environnement ?
Revitaliser un port de rivière et y installer de nouvelles activités, cela nécessite de se poser quelques questions avant.
Quel impact sur l'éco-système ?
Quelles conséquences sur l'environnement de la ville ?
Comment préserver aussi la tranquillité d'aujourd'hui dans ce quartier portuaire ?
De nombreux ports estuariens et fluviaux ont été réhabilités.
Des experts ont aussi réfléchi à ces problèmes.
Saint-André Avance a invité deux d'entre eux à venir en parler avec la population, à l'occasion de cette soirée-débat du 18 novembre.
Alain Cotten, président du Conservatoire de l'Estuaire de la Gironde. Spécialiste de l'histoire humaine et économique liée à l'estuaire et défenseur du patrimoine fluvial.
Fabienne Baron : directrice adjointe du Comité Départemental du Tourisme. Spécialiste du tourisme fluvial.
Soirée-débat : partage de l'espace public du mardi 10 février 2009
L'association Saint-André Avance avait organisé, mardi soir 10 février, salle du Mascaret, une soirée-débat sur le thème du partage de l'espace public. Malgré les intempéries, une soixantaine de personnes avaient répondu à cette invitation.
Pour éclairer le débat, S2A avait invité 3 spécialistes.
Les 2 premiers intervenants, urbanistes à A'URBA, ont défini la notion d'espace public. S'appuyant sur des photos de Bordeaux et sa banlieue, Nicolas Drouin a montré comment l'espace public avait été dévolu à la voiture entre 1960 et 2000, et comment il s'adapte aux contraintes et aux modes de vie. Aujourd'hui, l'augmentation du temps libre, la flexibilité du travail, l'allongement de la durée de la vie, la prise de conscience écologique, font apparaître de nouveaux désirs de ville. Une ville plus conviviale, plus sécure, et soucieuse du développement durable.
La question du partage de l'espace public est toujours difficile car elle doit résoudre des contraintes et des attentes souvent contradictoires.
Agnès Charousset est ensuite intervenue sur la notion d'espace public - espace citoyen. Elle a abordé un aspect trop souvent négligé dans l'aménagement et
l'urbanisme : « le citoyen ». Le travail de l'urbaniste, c'est aussi d'accompagner les modes de vie et les pratiques. Les gens fabriquent de l'espace public : les jeunes fabriquent des espaces de
pratiques de rollers ou de skate ; les plus âgés fabriquent des squares de rencontre. Parfois, dans un même espace, se succèdent différents publics : le même espace public est utilisé
différemment dans le temps.
L'approche sociologique et humaine de l'urbanisme met en évidence les rapports intimes que les gens créent avec l'espace. C'est pour cela qu'il est difficile de le partager, parce que chacun
pense que c'est le sien...
Elle introduit ensuite la notion de gestion de l'espace public avec ses règles, ses lois, ses tolérances tacites et la civilité induite.
Agnès Charousset conclura en disant qu'il ne faut pas tout attendre des urbanistes. L'aménagement urbain peut participer à des améliorations sociales mais ne peut pas régler tous les problèmes sociaux ou toutes les incivilités.
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Jean Pierre LANNES co-fondateur de la société « EREA-Conseil » spécialisée dans le transport, l'urbanisme et le déplacement avait titré son intervention : « Partager équitablement la rue : mission impossible ? »
Tout d'abord, il a rappelé quelques fondamentaux concernant la mobilité et les modes de déplacement : la mobilité baisse, l'utilisation de la voiture recule alors que celle des transports alternatifs augmente. Il a ensuite démontré l'inutilité de construire de nouvelles routes qui génèrent de nouveaux trafics...ce qui a conforté le public de cette soirée majoritairement hostile au grand contournement !
De son deuxième point, les nouveaux dogmes en matière d'aménagements urbains et déplacements, on a surtout retenu que la fin de la voiture n'était pas pour demain ni après-demain, car elle avait encore sa pertinence dans des territoires ruraux. Par contre, la voiture n'a plus sa place dans des espaces très convoités comme les centres ville. Le partage de la rue entre les différents utilisateurs (auto, piéton, vélo, fauteuil roulant) crée une exigence de sécurité. Quel est le meilleur moyen d'assurer la sécurité de tous ? Sécurité passive ou active ?
Difficile de résumer son exposé qui a vivement intéressé les citoyens et les élus confrontés aux choix en matière d'aménagements. Nous retiendrons sa conclusion, faisant appel au pragmatisme et au bon sens en matière de partage de la rue. Se méfier des solutions toutes faites, la palette des solutions est infinie. Ne pas écouter que ceux qui parlent...Partir du besoin réel de chaque mode sans exclusive : l'espace public est d'abord un arbitrage !
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Après ces exposés qui permirent à l'auditoire de mieux comprendre les mécanismes induits et les incidences de décisions en matière d'urbanisme, la parole fut donnée aux participants.
De nombreuses questions mais aussi des suggestions, des réflexions et remarques sur l'aménagement et l'urbanisme de notre commune animèrent tardivement cette soirée riche en échanges.
Un pot de l'amitié avec quelques gâteaux préparés par les membres de S2A clôtura ce 2ème débat.
